Echanges citoyens autour de la question de la déforestation en Amazonie à la Mairie du 11ème

conférence déforestation
Les invités (de gauche à droite) Jean-Pierre Chaumeil, Alfredo Pena-Vega et Carlos García Paret. Photo: Camille Cordasco

Vendredi dernier, à la Mairie du 11ème arrondissement de Paris, a eu lieu un événement consacré au problème de la déforestation massive en Amazonie et la situation des peuples originaires qui y sont confrontés au quotidien. Une rencontre intitulée “Les peuples de l’Amazonie face à la déforestation” mêlant exposition photographique, projections de documentaires, conférences et débats qui se sont achevés par un concert de musique andine traditionnelle.

L’événement était organisé par le Réseau Latino Américain pour les Droits de la Terre Mère et la Justice Sociale, un collectif d’associations crée spécialement pour suivre le déroulement de la COP20 dans le cadre du Sommet des Peuples à Lima en décembre 2014. Son objectif était de sensibiliser le grand public aux questions environnementales et au changement climatique.

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Exposition photographique. Photo: Camille Cordasco

En présence de Alfredo Pena-Vega, Jean-Pierre Chaumeil et Carlos García Paret, le dialogue s’est ouvert entre les invités et le public.

Alfredo Pena-Vega, sociologue et enseignant-chercheur à l’EHESS et au Centre Edgard Morin, est coordinateur du Tribunal International des Crimes contre la Nature. Il s’agit d’une instance créée suite à la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable “Rio+20” en 2012, avec le soutien de personnalités comme le Cacique Raoni, Marina Silva ou encore Edgard Morin. Le Tribunal International de la Nature a pour fonction principale d’examiner les plaintes qui lui seront soumises par toute personne publique ou privée, morale ou physique, à la suite d’une atteinte grave à l’environnement [1]. Lors de son intervention, Pena-Vega a souligné le rôle essentiel d’éveil des consciences joué par ce Tribunal. En effet, il présente la spécificité d’être un espace de dialogue ouvert tout particulièrement à la société civile et non dédié à la seule communauté scientifique.

Jean-Pierre Chaumeil, anthropologue et fin connaisseur du contexte social péruvien, travaille dans une région frontalière entre le Brésil, le Pérou et la Colombie depuis de nombreuses années. Chaumeil fit état pendant son exposition d’une “dichotomisation du monde”, un monde partagé entre culture et nature. Il estime que la déforestation pousse à prendre en compte un ensemble de phénomènes liés à une certaine vision du monde et constitue ainsi une cosmologie à part entière. Ceci implique alors la nécessité de “réfléchir à ce qui nous pousse à agir ainsi”. En effet, il est à déplorer qu’aujourd’hui l’Amazonie est encore considérée comme un “désert humain et une réserve naturelle illimitée”. Chaumeil mit également en lumière la question du mode de gouvernance face à la déforestation et des gouvernements jouant sur des positions antagonistes, reconnaissant et accordant des droits d’une part, imposant des limites et restrictions d’autre part. Enfin, il souligna que bien qu’il ne faille pas idéaliser les populations indigènes, il est important de reconnaître qu’à l’heure actuelle, leurs territoires sont les mieux conservés.

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La Red Latino Americana para los Derechos de la Madre Tierra y la Justicia Social, collectif organisateur de l’événement. Photo: Camille Cordasco

Carlos García Paret, économiste, a travaillé plusieurs années au Brésil, plus précisément dans l’Etat du Mato Grosso, l’une des régions les plus touchée par la déforestation. Son exposition chiffrée et imagée visait à montrer la réalité de l’Amazonie brésilienne et l’accélération du processus de destruction de la forêt tropicale. Le facteur numéro un de cette déprédation est l’élevage de bétail, aux côtés d’autres pratiques massives telles que la culture du soja. En termes de surface forestière, selon des source de 2010 de la FAO, la Brésil est en deuxième position juste derrière la Russie. En termes de déforestation, toujours selon les mêmes sources, le Brésil occupe la première place [2]. Selon García Paret, il y a deux types d’Amazonie, deux réalités. D’une part, “l’Amazonie de l’intérieur” où vivent les communautés et où la diversité culturelle et sociale est maintenue. D’autre part, “l’Amazonie de la frontière” où se développent des formes de monocultures et où le déboisement fait office de règle. Deux réalités répondant à deux modes de compréhension distincts.

Après la conférence, l’ensemble des participants a pu se retrouver pour échanger autour d’un verre au son de la musique traditionnelle andine du Grupo Alaya.

[1] Voir le site internet du Tribunal de la Nature
[2] Voir le rapport Global Forest Resources Assessment 2010

  • Pour en savoir plus sur le Réseau Latino Américain, visitez leur page Facebook
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2 thoughts on “Echanges citoyens autour de la question de la déforestation en Amazonie à la Mairie du 11ème

  1. Esteryn 1 May 2015 / 18:36

    Le monde est petit, j’étais aussi à cette conférence :-) Très bon résumé, je peux le partager dans mon groupe FB citoyen (écolo et humaniste) ? (Corinne du Mooc 89)

    Liked by 1 person

    • Camille Cordasco 1 May 2015 / 22:19

      Bonjour Corinne! Un plaisir de te voir ici :-) Nous nous sommes donc croisées sans le savoir! Bien entendu, tu peux partager l’article, avec plaisir même. Merci à toi et à très vite

      Liked by 1 person

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